Cet été, en parcourant l’arête mythique du Besseggen, mon regard s’est posé sur une crête familière, juste en face: le Knutshøe. D’un coup, tous les souvenirs de cette randonnée me sont revenus. Cinq ans s’étaient écoulés depuis ma première ascension, mais l’image était intacte: celle d’un sommet encore bordé de neige, dominant les eaux turquoise du lac Gjende.
DISTANCE
13 km A/R
DURÉE
5 à 6h
ALTITUDE
690 m
DIFFICULTÉ
Difficile

Pourquoi choisir le Knutshøe plutôt que le Besseggen
À l’époque, nous avions choisi le Knutshøe plutôt que le Besseggen pour une raison simple: éviter la foule. Le Besseggen attire chaque année environ 30 000 randonneurs. C’est l’un des sentiers les plus célèbres de Norvège, et pour cause: les panoramas sont incroyables. Mais parfois, j’ai besoin de cette sensation d’être seule au monde, loin du bruit et des conversations qui se croisent sur les sentiers.
Le Knutshøe est moins connu, mais il n’a rien à envier à son grand frère. La boucle fait environ 13 km avec un dénivelé positif de 690 m. On parle ici d’un itinéraire classé difficile: au départ, il faut parfois mettre les mains pour grimper, avec quelques passages d’escalade qui rendent l’ascension un peu sportive. Mais dès que l’on prend de la hauteur, le décor se déploie. Le lac Gjende en contrebas, ses reflets bleu-vert, et au loin les reliefs puissants du Jotunheimen.
S’éloigner de tout rapproche un peu de l’essentiel
Loïck Peyron
Un coup de foudre pour le Jotunheimen
Ce que j’aime dans cette randonnée, c’est qu’on a quasiment tout le temps une vue dégagée. Pas besoin de marcher longtemps avant que le paysage s’ouvre, et il reste impressionnant du début à la fin. On voit l’Øvre Leirungen, un petit lac d’environ 350 m de long en forme de zigzag en bas dans la vallée. Sa couleur turquoise vient du même phénomène que pour le lac Gjende: l’eau est alimentée par la fonte des neiges et des glaciers des montagnes environnantes, ce qui lui donne cette teinte unique. Quand on redescend, on passe à côté de ses rives, ce qui permet de le voir de plus près avant de terminer la boucle.
Quand j’ai fait cette randonnée en juillet, les sommets autour étaient encore enneigés. Il faisait frais, et j’étais en bonnet et pull. Cette année, au Besseggen, c’était tout l’inverse: short, t-shirt et grosses chaleurs sur tout le pays. Deux ambiances complètement différentes, qui montrent à quel point la météo peut transformer l’expérience d’une randonnée en Norvège.
Le Jotunheimen est l’un de mes parcs nationaux préférés. Cette randonnée a participé à me faire tomber amoureuse de cette région. Cinq ans plus tard, y retourner par le Besseggen et revoir le Knutshøe depuis l’autre rive m’a rappelé à quel point cet endroit me marque à chaque fois. Ici, la nature norvégienne se montre sous son plus beau visage — grandiose, changeante, imprévisible.
Si vous aimez les itinéraires un peu techniques mais accessibles, les panoramas à couper le souffle, et les sentiers où l’on croise moins de monde, le Knutshøe mérite clairement sa place sur votre liste.













